PLAN DU
COURS
''Connaissance pour tous ''
L'ECONOMIE
PLANIFIEE
1. INTRODUCTION.
2. L'ORGANISATION DE LA PRODUCTION DANS UNE ECONOMIE PLANIFIEE.
2.1. Définition du système par un exemple
2.2. Les caractéristiques du Plan
2.3. La préparation du Plan.
2.4. Organes d'exécution du Plan.
2.5. Le rôle des prix dans une économie planifiée.
L'ECONOMIE DANS L'EX UNION SOVIETIQUE
1.
Première phase - Le communisme de guerre - 1917 - 1921
2. Deuxième phase : la N.E.P. - 1921 - 1928..
3. Troisième phase : les Plans Quinquennaux (depuis 1928).
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L'ECONOMIE PLANIFIEE |
L'Economie
de Plan est relativement récente. Elle ne s'est réalisée qu'après la révolution
soviétique de 1917. Cependant ses progrès ont été rapides. De l'U.R.S.S. elle
s'est étendue, depuis la fin de la dernière guerre mondiale, aux pays de
démocratie populaire et à la Chine. Au total plus d'un milliard d'individus ont
vécu sous ce régime.
Avec
l'évolution de l'économie politique mondiale, on peut se demander s'il est
toujours d'actualité d'étudier les systèmes collectivistes. En fait, nos
économies occidentales continuent à emprunter des éléments à la volonté
dirigiste et interventionniste des tenants de l'idéologie marxiste.
Dans
ce système, la liberté de production est entièrement supprimée : l'initiative
de fabriquer des biens est confiée à l'Etat. C'est lui qui décide d'utiliser
les facteurs de la production, de les répartir, de les rémunérer selon des
règles imposées par un plan.
Du
même coup se marque la profonde différence entre l'économie de marché et
l'économie planifiée.
Dans l'économie de marché l'orientation des
forces productives, leur dosage, les fabrications auxquelles elles contribuent
sont déterminées dans une très large mesure par le marché, c'est-à-dire par les
sollicitations de la demande des consommateurs.
Dans l'économie de Plan au contraire c'est le
gouvernement qui dicte le programme et le volume de l'emploi, la priorité
relative des divers investissements, les ordres d'urgence des différentes
productions, les prix des biens et des services.
C'est
en fonction des besoins que l'activité économique est orientée, mais ceux-ci
sont prévus, évalués autoritairement par les Pouvoirs Publics.
Il
appartient en effet à l'Etat et à lui seul de décider s'il faut assurer avant
tout la satisfaction des besoins immédiats (alimentation, logement...) ou si
l'on doit consacrer la plus large part de l'effort productif à des travaux
d'investissement dont profiteront seulement les générations futures. On privilégie l'option du producteur.
Les
citoyens doivent se résigner à satisfaire seulement les besoins qui ont été
prévus car seuls les biens permettant de les satisfaire verront leur production
autorisée. L'option du consommateur
disparaît.
Assurant
la direction de l'économie, les Pouvoirs Publics par là même assurent, par
l'intermédiaire du Plan, l'équilibre entre la production et la consommation. Le
système est ainsi tout entier commandé par le Plan.
L'organisation
juridique et sociale se caractérise par l'appropriation
collective de tous les moyens de production.
En
effet, pour que la planification soit efficace, il faut que les Pouvoirs
Publics puissent traiter chaque chef d'entreprise comme un simple gérant. Or
ceci serait pratiquement impossible si la propriété privée était maintenue. On
peut donc poser comme principe que la planification intégrale suppose la
collectivisation des biens de production.
Pour
cette raison ce système est aussi appelé système collectiviste. Dans cette
optique, on opposait les sociétés dites "capitalistes"
aux sociétés ou économies "collectivistes".
Les
premières admettent l'appropriation privée de tous les moyens de production, à
l'exception toutefois d'un certain nombre de ressources naturelles.
Les
secondes, au contraire, rejettent l'appropriation privée des biens de production
et limitent en principe l'appropriation aux seuls biens de consommation.
Ceci
dit, l'entreprise privée n'a plus sa raison d'être. Elle aussi disparaît. Il
n'existe que des exploitations publiques. Il n'y a donc plus d'entrepreneurs
car la liberté de production est
entièrement supprimée.
Il
n'existe que des fonctionnaires administrativement ou politiquement
responsables. Ils assurent la gestion des unités de production en suivant les
directives du Plan sans se soucier de la demande et du marché comme le fait
l'entrepreneur capitaliste.
Ces
considérations générales dominent l'organisation de la production et des
échanges dans une économie planifiée. Il nous appartient maintenant de les
développer.
La
caractéristique essentielle de l'économie planifiée réside dans la disparition du marché et surtout dans
la disparition du mécanisme des prix
comme élément régulateur de l'économie.
La
production en effet ne se réalise pas par l'intermédiaire du marché et des
prix. L'Etat l'organise de sa seule autorité, au moyen du Plan.
Évidemment, l'action de l'État exige le
concours de nombreux organismes et le Plan implique, pour son élaboration et
son application, la création de nombreux centres de transmission, de
documentation et de renseignements.
Mais
tous ces organes sont centralisés, hiérarchisés et contrôlés. Les emplois de
biens dans le processus productif dépendent finalement d'une seule autorité.
Celle-ci se charge de déterminer et de régler l'ensemble des problèmes de la
vie économique. Les individus perdent l'initiative de la production. L'État est
seul responsable de toute l'économie.
Un
exemple concret - celui de la production du blé - nous permettra de dégager
tout de suite l'idée générale qui définit ce système.
Dans
une économie de marché chaque paysan fixe lui-même, en fonction du prix du blé,
la surface qu'il va emblaver pour la campagne à venir. Aucune autorité ne lui dicte à cet égard
quel doit être son comportement.
Dans
une économie planifiée au contraire, le Plan va déterminer a priori la quantité
d'hectares qu'il faudra emblaver en tenant compte, d'une part, des besoins
estimés des consommateurs et, d'autre part, des rendements prévus. Il
déterminera aussi les moyens indispensables (semences, main-d'œuvre, tracteurs,
essence...) pour réaliser l'objectif fixé.
Le
Plan ayant pris la décision de mettre en culture tant de millions d'hectares,
chaque autorité à l'échelle de la province ou du département déterminera la
part de tel village et enfin il y aura une répartition ultime à la base entre
les exploitations.
Lorsqu'il
s'agit de produits industriels, le mécanisme est le même. Le Plan fixe les
quantités qui doivent être produites et prévoit les investissements
nécessaires.
Dans
ce système, il ne faut pas perdre de vue l'interdépendance
de la vie économique.
Si
l'on prend la décision d'augmenter la production de l'acier de 8 millions à 12
millions de tonnes par exemple, cela suppose évidemment que l'on augmentera la
capacité de production des mines de fer, des mines de charbon, des fours à
coke.
Cela
implique également que l'on aura pu former une main-d'œuvre qualifiée pour ces
travaux et surtout des ingénieurs.
Or, si
l'on veut avoir des ingénieurs, on est conduit à développer l'enseignement donc
à construire des écoles...
Le
Plan doit donc embrasser la totalité des activités de la Nation par la force de
cette interdépendance de la vie économique.
Se
substituant au marché, le Plan est le mécanisme essentiel de ce système
économique.
Dans
une économie de marché le mécanisme des prix est l'élément régulateur, le
mécanisme essentiel qui oriente la production dans tel ou tel sens.
Dans
une économie planifiée, c'est le plan, élaboré par les Pouvoirs Publics, qui
joue ce rôle de mécanisme fondamental.
On
peut le définir comme un ensemble de
directives ayant un caractère obligatoire et déterminant l'orientation du
développement économique.
Le
Plan va fixer les objectifs à atteindre, c'est-à-dire les quantités globales
que l'on a décidé de produire. Il déterminera aussi les moyens en matières
premières, en énergie, en main-d'œuvre ; il doit prévoir également l'octroi de
capitaux aux entreprises pour la réalisation de leurs investissements.
DAns
l'ex U.R.S.S. l'élaboration du Plan s'effectuait en plusieurs phases.
Il
fallait tout d'abord que les Pouvoirs Publics déterminent les objectifs
généraux. C'est la phase politique.
Puis se déroule une phase administrative,
celle dans laquelle l'administration du Plan, le Gosplan, établissait un projet conformément aux directives données
:
Ce
projet de Plan était transmis aux organes d'exécution de façon à ce que les
personnes qui avaient à mettre en œuvre le Plan puissent présenter leurs
observations et proposer éventuellement des modifications.
Le
plan définitif était ensuite établi. Venait enfin la phase gouvernementale au cours de laquelle était proclamé le
caractère obligatoire du Plan.
En
général le Plan était prévu pour une période
de 5 ans. Toutefois il est impossible de prévoir 5 ans à l'avance dans ses
moindres détails le déroulement exact de la vie économique.
Une fois adopté, le Plan devait donc faire l'objet
d'une adaptation permanente.
En effet, on peut se heurter à des difficultés
d'exploitation dans l'industrie ; par ailleurs les circonstances atmosphériques
peuvent déjouer les prévisions en matière de récolte et exiger des aménagements
sérieux, notamment en ce qui concerne le commerce extérieur ; enfin à notre
époque de progrès technique accéléré, des inventions nouvelles peuvent
transformer les conditions de travail de certaines industries.
Les
Pouvoirs Publics devaient donc suivre l'évolution de la vie économique de très
près. Ces raisons font que le Plan n'était pas un schéma rigoureux et immuable,
fixé une fois pour toutes.
Le but
étant déterminé, une adaptation continuelle devait s'opérer. C'est d'ailleurs dans cet effort de réglage
permanent que réside l'une des difficultés essentielles de la planification.
Il ne
faut donc pas considérer un plan comme un ensemble de directives sur lesquelles
on ne doit pas revenir. C'est un instrument qu'il faut adapter sans cesse et
dont il faut assurer la synchronisation de tous les éléments en évitant que
certaines fabrications soient en retard et que d'autres soient en avance.
Au
sommet de la pyramide se trouvaient en U.R.S.S. les différents ministères spécialisés. Ces derniers
étaient très nombreux dans l'ordre économique. Ils avaient de ce fait des
attributions plus limitées mais plus précises que nos propres ministères.
Ces
ministères étaient subdivisés en un certain nombre de directions générales qui ont pour tâche de diriger une branche
particulière de l'économie.
Au bas
de la pyramide, l'élément de base était l'usine
qui constitue l'activité économique de base.
L'usine est dirigée par un directeur, nommé
par les Pouvoirs Publics et toujours révocable par eux. Le directeur est responsable de l'activité
de l'usine et de la réalisation du Plan en ce qui le concerne.
Entre
le sommet et la base existent des organismes relais : le trust et le combinat.
Le trust soviétique est un organisme économique d'État qui réunit un nombre variable
d'unités industrielles de base. Il a un budget propre et gère son patrimoine de
façon autonome. Sa tâche est d'ordre administratif et commercial.
Il a
pour fonction de coordonner la production et l'activité des usines qui
dépendent de lui ; il répartit entre ces usines le contingent de production
assigné par le Plan.
Il
leur assure les matières premières correspondantes et se charge d'écouler leurs
produits. Le trust paraît constituer
pour l'économie soviétique l'équivalent de la formule de concentration
horizontale dans le système capitaliste : il groupe dans une région donnée
l'ensemble des entreprises se livrant au même stade d'activité.
Le combinat est
une autre forme de groupement fondamental. Il se situe administrativement sur
le même plan que le trust. Il a aussi pour tâche de grouper des activités
économiques de base mais le principe du regroupement est différent : alors que
le trust groupe des exploitations de même nature, le combinat groupe des
exploitations qui sont clientes les unes des autres, selon un schéma de
concentration verticale.
En
définitive, ces groupements fondamentaux - trusts et combinats - traduisent la
volonté de décentraliser l'exercice du pouvoir économique. Ils prennent en
charge la réalisation d'une fraction du Plan qui sous l'angle de l'exécution
matérielle se trouve répartie entre les exploitations de base.
Dans l'agriculture les unités d'exploitation étaient les sovkhozes et les kolkhozes.
Les sovkhozes sont des entreprises agricoles d'Etat qui
fonctionnent sur les mêmes bases que les entreprises industrielles. Ce sont des
fermes modèles, dotées d'un machinisme très perfectionné, de semences de
qualité, de bétail de choix et recourant aux procédés les plus poussés de la
science agronomique. Leur superficie moyenne est supérieure à 5 000 hectares.
Les kolkhozes tiennent
une bien plus grande place dans la production agricole. Ce sont des
exploitations coopératives groupant des paysans qui ont la jouissance indivise
de la terre, des bêtes et du matériel d'exploitation.
Le
travail y est organisé collectivement et le revenu partagé entre les membres,
en argent, pour la fraction vendue collectivement, en nature pour le reste, la
part de chacun étant fixée d'après le travail fourni.
Chaque
membre du kolkhoze conserve la jouissance individuelle de sa maison
d'habitation, de sa basse-cour et de son jardin.
Après
livraison des quantités présentées par le Plan, chacun a le droit de vendre, à
titre individuel, les produits touchés
en paiement de son travail ainsi que ceux de sa petite économie familiale.
Les
kolkhozes sont gouvernés par un président et un conseil élu.
Ce conseil est comparable à ce que serait un
de nos conseils municipaux ruraux auquel seraient également dévolues des
fonctions de direction d'une coopérative agricole. Les autres membres du
kolkhoze répartis en brigades, puis en équipes, se partagent les tâches au
mieux des intérêts généraux.
Les
fermes individuelles jouent un rôle de plus en plus important dans
l'agriculture de l'ex Union soviétique. Elles n'intéressaient que 1 % des
terres cultivables, ce chiffre est en progression constante, malgré une
réticence importante des salariés agricoles à franchir le pas de
l'autonomisation et de la responsabilisation.
Les
prix dans une économie planifiée peuvent être à tout moment ajustés par les
Pouvoirs Publics. L'Etat gouverne à volonté leur baisse et leur hausse, par
conséquent la demande des divers produits.
Ainsi
le mécanisme des prix perd, dans une économie planifiée, sa fonction
essentielle. Puisque le marché est supprimé, les prix ne sauraient orienter la
vie économique, ils ne sauraient déterminer, par leurs variations une expansion
ou une contraction de la production. Ils ne sont plus qu'un moyen pour répartir
les produits entre les divers ayants-droit.
Les
Pouvoirs Publics peuvent fort bien, pour soulager le consommateur, abaisser le
prix d'une marchandise brutalement et, simultanément, décider d'augmenter le
programme de production de cette marchandise.
Pareille
conjonction, on le devine, ne peut se rencontrer dans une économie de marché,
car la baisse du prix nous l'avons vu découragerait les entreprises.
Inversement l'Etat peut maintenir le niveau d'un prix quelle que soit la
pression de la demande.
L'ECONOMIE SOVIETIQUE
C'est
surtout à l'expérience soviétique que les économistes se sont référés
lorsqu'ils ont étudié l'économie planifiée, d'où l'intérêt qui s'attache à
indiquer les grandes lignes de l'évolution de l'économie soviétique depuis la
Révolution de 1917. Pour ce faire, plusieurs phases doivent être distinguées.
Durant
cette période, on ne peut pas parler de plan préconçu, d'organisation
volontairement adoptée ni surtout mûrement réfléchie.
Le
régime que l'on tenta de mettre sur pieds après la Révolution d'octobre 1917
était un régime d'économie socialiste "naturelle" ou de communisme
qui excluait, en principe, les notions mêmes de monnaie, d'échange de prix, de
propriété privée.
On
pensait anéantir la monnaie par l'inflation, c'est-à-dire par des émissions
déréglées qui lui feraient perdre toute valeur ; quant à l'échange, il devait
être remplacé par un mécanisme de distribution qui consistait, après avoir
dirigé les produits vers les organes centralisateurs, à les répartir d'autorité
entre les consommateurs.
Les
ouvriers étaient payés autant que possible en nature, de manière à pourvoir à
leurs besoins, sans qu'il y eût corrélation entre les prestations qui leur
étaient fournies et leur rendement.
Les résultats de cette expérience furent
catastrophiques. La production
industrielle s'effondra, les paysans dissimulèrent les récoltes, les désordres
se multiplièrent. Peu à peu disparurent les rouages essentiels à toute
économie.
Le
système du crédit se dissout, le recouvrement des impôts fut presque suspendu,
l'alimentation des villes se fit sur la base des réquisitions, le retour au
troc se généralisa.
C'est
en somme une sorte de "communisme primitif d'économie sans argent"
qui résulte aussi bien des conditions de la guerre civile que de l'inexpérience
des nouvelles couches dirigeantes.
Il
fallut donc abandonner ces méthodes et chercher dans d'autres voies une
solution aux problèmes posés par la substitution à une économie fondée sur la propriété
privée d'une économie fondée sur l'appropriation collective des moyens de
production.
Dans
une nouvelle phase qui s'étend de 1921 à 1928, le gouvernement soviétique
s'efforcera de ranimer la vie économique en rendant une plus large place à
l'initiative privée.
C'est
la phase dite de la N.E.P. (Nouvelle Economie Politique). Elle constitue un
recul par rapport aux idées communistes.
Lénine
ne l'a d'ailleurs pas dissimulé ce recul. La NEP comporte des concessions
susceptibles de favoriser un certain redressement, une certaine renaissance du
capitalisme mais, selon Lénine "Il n'y a pas moyen de faire autrement.
La
misère et le délabrement, dit-il, sont tels que nous ne sommes pas capables de
rétablir d'un coup la grande industrie étatique et socialiste."
Pendant
cette période, les dirigeants soviétiques s'efforcent de ranimer l'activité
économique en rendant une large place à l'initiative privée et au stimulant de
l'intérêt personnel.
La N.E.P. voit
renaître un marché, une monnaie, un commerce libre, une production agricole
libre, à côté d'un secteur collectivisé. Ce secteur libre tend à se développer
de plus en plus et, peu à peu, l'économie se restaure.
Cette restauration a été favorisée par des entreprises
capitalistes étrangères qui obtinrent des contrats de concession pécuniairement
avantageux, mais qui s'accompagnaient de clauses prévoyant de nombreux cas de
déchéance, clauses qui se révéleront à l'usage fort dangereuses pour les
concessionnaires.
Mais l'Etat soviétique n'abandonne pas pour autant ses
objectifs. Certes, dans l'industrie la petite entreprise est tolérée, voire
jusqu'à un certain point encouragée. Toutefois la nationalisation des grands
moyens de production n'est pas abandonnée.
La renaissance du capitalisme est strictement
contrôlée et dans l'industrie le secteur public prédomine.
Dans l'esprit de Lénine, qui meurt le 21 janvier 1924,
le régime de la N.E.P. représentait un détour pour obtenir une augmentation de
la production, celle-ci devant permettre ensuite le passage définitif à une
économie collectiviste. Il s'agissait en somme de reconstituer une base de
production.
Les dirigeants soviétiques jugèrent en 1927 que l'on
avait tiré de la N.E.P. tout ce qu'il était possible d'en obtenir. Une phase
nouvelle s'ouvre alors : celle des plans quinquennaux. Elle avait été préparée
par de nombreux travaux théoriques.
Le premier plan est mis en exécution le 30 septembre
1927. En fait sa réalisation devient effective au début de 1928. Cette date,
dans une certaine mesure, marque le début de l'économie planifiée.
Le premier plan quinquennal avait surtout pour objet
de développer l'outillage et de pourvoir aux besoins de la défense nationale
et, bien qu'il n'ait été complètement exécuté dans les délais prévus, il a
largement atteint l'objectif essentiel qui avait été tracé.
L'exécution de ce plan devait s'accompagner de toute
une série de mesures tendant à l'abandon de la N.E.P. et à la réalisation d'un régime collectiviste à peu près intégral.
La grosse industrie est soumise à une direction de
plus en plus rigide. Les contrats de livraison passés entre divers
établissements sont de plus en plus subordonnés quant aux quantités et aux
prix, aux prévisions du Plan.
Le crédit fondé sur les avances et les subventions de
l'Etat n'est plus accordé que sur justification de l'exécution du Plan.
Quant à la moyenne et petite entreprise, on lui refuse
désormais les matières premières, ce qui entraîne sa disparition. Le commerce
privé tend aussi à disparaître. Enfin l'agriculture est dans sa majeure partie,
socialisée entre 1930 et 1931.
A partir de premier plan quinquennal, le système
économique soviétique prend sa physionomie propre : les plans quinquennaux - il y en eût 5 de 1928 à 1955 - commandent
et orientent l'activité économique.
En 1956, fut adopté le 6ème plan quinquennal mais dès
septembre 1957 il fut remplacé par un plan de durée de 7 ans en liaison avec
une réforme profonde des méthodes de la planification et de gestion économique.