La Grande Odalisque
par Jean-Auguste Dominique Ingres (Montauban, 1780 - Paris, 1867)
La Grande Odalisque d'Ingres

Puisse la présentation faite ici vous donner l'envie d'aller visiter Le Louvre, le plus grand et l'un des plus beaux musées du monde.

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Arrondissements de Paris



Licône représentaant l'Odalisque se trouve dans la zone jaune, à côté de la Joconde

La Grande Odalisque par Ingres

Commandée en 1813 par la reine Caroline Murat, pour faire pendant à la "Dormeuse de Naples", acquise par son mari à Rome en 1809, la grande odalisque, peinte en 1814 fut livrée par Ingres en décembre 1814. Ingres s'est réclamé d'une longue tradition classique, qui va des nymphes antiques, des nus de Raphaël ou de Titien à Canova.
Toutefois sa peinture défie les catégories de l’histoire de l’art. Elle est trop libre dans l’érotisme, dans la forme présente une fusion des genres qui laisse les critiques perplexes, et il ne cesse en fait de transgresser ces mêmes codes classiques. Pour les critiques d'art “Ingres est un défi à tout académisme : nus feminins serpentins à l’échine trop longue, jambes trop courtes ou trop larges, bras inégaux parfois démesurés, corps étirés , déformés pour les nécessités de la composition et du cadre. " ou encore « M. Ingres ne tend à rien moins qu’à faire rétrograder l’art de quatre siècles, à nous reporter à son enfance. » Moderne avant l’heure, on peut comprendre que les artistes du XXe siècle l’aient tenu pour un modèle, et un rempart à l’académisme,
Sur le tableau, on ne voit pas d'ombre portée du corps, cela renforce la sensation que c'est du corps lui-même que vient la lumière. Sensation renforcée encore par le contraste créé par l'arrière-plan sombre. Qu'importe qu'il y ait 3 vertèbres de plus à la colonne vertébrale, que les bras soient trop longs... Ce que veut Ingres, ce n'est pas faire donner une description du corps, ou de nous le monter comme objet de péché, mais comme une invatation au plaisir. Ingres affiche sa liberté par rapport aux lois de l'anatomie et de la proportion des corps. "Pour affirmer le caractère, une certaine exagération est permise, nécessaire même quelque fois mais surtout là où il s'agit de dégager et de faire saillir un élément du Beau". Remarquez la chaleur dégagée par le corps, sa couleur chaude, son ondulation lascive. Le musicien qu'était aussi Ingres, nous montre la montée chromatique du plaisir, des pieds dont on remarque la blancheur froide, au visage marqué du rouge du plaisir. En réponse aux critiques de ses détracteurs, Ingres dit “Jamais un corps de femme n’est trop long“. Il prône l’exagération de la ligne, ce qu’il appelle “corriger la nature par elle-même“. A ses élèves, il conseille : “insistez sur les traits dominants du modèles …poussez-les s’il le faut jusqu’à la caricature. Je dis caricature afin de mieux faire sentir l’importance d’un principe si vrai.”
Si Ingres met l'accent sur l'impression, et met la forme à son service, ne peut-on imaginer qu'il influença l'école impressionniste, dans la forme? Il est amusant de penser qu'Ingres était classé parmi les "académiciens" que l'on opposait à la nouvelle vague de l'école de Barbizon. Il n'en reste pas moins que la peinture d'Ingres restait classique quant à sa gestion de la couleur. L'Odalisque d'Ingres est l'une des oeuvres majeures d'un novateur. N'oublions pas que le maître est de Montauban et que les gens de Montauban sont de bons vivants !
D'autres commentaires sur l'Odalisque Léon Gard - Le tableau grand format - Megapsy -

Grande Odaliqque d'Ingres
L' Odalisque d'Ingres - (Le Louvre Denon 1e étage Daru Salle 75 - 0,91 m. x 1,62 m.)

Détail du visage et de la coiffe

Le haut du corps, les bras, les cuisses, dans un premier triangle
le buste, dans un autre triangle

On remarque la ligne qui part du point situé entre les yeux et qui marque l'alignement des jambes

Jean-Auguste-Dominique Ingres (Diaporama 6')
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