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"formations"
Baccalauréat philosophie, section S
Juin
2002
- La diversité des langues est-elle un obstacle
à l'entente entre les peuples?
- La politique est-elle une science ou un art ?
- Texte
de Hume
-
Suffit-il de constater pour atteindre la vérité
?
- Vivre en société,
est-ce seulement vivre ensemble ?
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Septembre
2002
- Le droit peut-il être naturel ?
- Si la vie était belle, y aurait-il de l'art
?
-
La liberté de parole suffit-elle à rendre
l'homme libre ?
- Pourquoi désirer ce qui n'est pas nécessaire
?
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Juin 2001
- La liberté se définit-elle comme un
pouvoir de refuser ?
- Notre connaissance du réel se limite-t-elle
au savoir scientifique ?
- Texte
de Rousseau
- La maîtrise de soi dépend-elle de la
connaissance de soi ?
- Sommes-nous responsables de l'avenir ?
- La technique peut-elle améliorer l'homme
?
- La technique n'est-elle qu'outils et machines ?
- La technique peut-elle garantir le bonheur ?
- Faut-il renoncer à définir le beau
?
- Les théories simplifient-elles l'expérience
?
- Peut-on opposer le devoir à la liberté
?
- Suis-je libre de penser ce que je veux ?
- A quelles conditions une action est-elle libre ?
- N'est-on moral que par intérêt ?
- La poursuite de mon intérêt m'oppose-t-elle
aux autres ?
- La recherche scientifique a-t-elle des limites ?
- La religion et la morale ont-elles la même
finalité ?
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Septembre
2001
- Peut-on connaître ce dont on n'a pas l'expérience
?
- Pourquoi la justice a-t-elle besoin d'institutions
?
- La franchise est-elle au service de la vérité
?
- Le bonheur est-il une aspiration universelle ?
- Faut-il douter de tout ?
- Le progrès technique est-il la condition
du bonheur ?
- Faire son devoir, est-ce renoncer à sa liberté
?
- Y a-t-il contradiction entre la prétention
des sciences à la vérité et le
fait qu'elles ont une histoire ?
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Juin 2000
- Les passions nous empêchent-elles de faire
notre devoir ?
- A quoi servent les sciences ?
- Les passions sont-elles à l'origine des désordres
politiques ?
- Un homme peut-il en juger un autre ?
- Peut-on prévoir l'avenir ?
- L'œuvre d'art nous met-elle en présence d'une
vérité impossible à atteindre
par d'autres voies ?
- Le travail a-t-il une valeur morale ?
- La recherche du bonheur est-elle un idéal
égoïste ?
- Comment sait-on qu'un autre être est conscient
?
- L'imagination est-elle créatrice ?
- Que peut nous apprendre une image ?
- L'amour peut-il être un devoir ?
- Suffit-il de s'en tenir aux faits pour être
dans le vrai ?
- Être juste, est-ce être dans son droit
?
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Septembre
2000
- Être libre consiste-t-il à se suffire
à soi-même ?
- Que veut-on dire quand on dit «c'est beau»
?
- Pourquoi revenir sur le passé ?
- La morale s'apprend-elle ?
- La recherche de l'objectivité dans la connaissance
scientifique exclut-elle l'appel à l'imagination
?
- L'homme est-il responsable de tout ce qu'il fait
?
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Juin 1999
- Antilles
- Le développement des sciences
est-il recherche du savoir ou de la puissance ?
- « Vivre l’instant présent » :
est-ce une règle de vie satisfaisante ?
- Vous dégagerez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
Il faut donc qu’une œuvre d’art soit faite,
terminée, et solide. Et cela va jusqu’au détail,
comme on verra, puisque ce qui n’est pas pris dans
la masse ne peut pas orner. C’est pourquoi l’improvisation
sans règles n’est jamais belle ; c’est
l’art de l’orateur qui parvient à fixer un
simple récit dans la masse de son discours.
Disons qu’aucune conception n’est œuvre. Et c’est
l’occasion d’avertir tout artiste qu’il perd son temps
à chercher parmi les simples possibles quel
serait le plus beau ; car aucun possible n’est
beau ; le réel seul est beau. Faites donc
et jugez ensuite. Telle est la première condition
en tout art, comme la parenté des mots artiste
et artisan le fait bien entendre ; mais une réflexion
suivie sur la nature de l’imagination conduit bien
plus sûrement à cette importante idée,
d’après laquelle toute méditation sans
objet réel est nécessairement stérile.
Pense ton œuvre, oui, certes ; mais on ne pense
que ce qui est : fais donc ton œuvre. ALAIN
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Juin
1999 - Antilles
- Que convient-il d’entendre par « avoir
tout pour être heureux » ?
- Ce que la morale interdit, l’Etat peut-il
le prescrire ?
- Vous dégagerez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
A vrai dire, certains de ces êtres(1)
n’offrent pas un aspect agréable ; mais
la connaissance du plan de la Nature en eux réserve
à ceux qui peuvent saisir les causes, ceux
qui ont le naturel philosophique, des jouissances
inexprimables. En vérité, il serait
déraisonnable et absurde que nous trouvions
du plaisir à contempler les images de ces êtres,
parce que nous y saisissons en même temps le
talent du sculpteur et du peintre, et que, les examinant
en eux-mêmes, dans leur organisation par la
Nature, nous n’éprouvions pas une joie plus
grande encore de cette contemplation, au moins si
nous pouvons saisir l’enchaînement des causes.
Il ne faut donc pas céder à une répugnance
enfantine et nous détourner de l’étude
du moindre de ces animaux. En toutes les parties de
la Nature il y a des merveilles ; on dit qu’Héraclite,
à des visiteurs étrangers qui, l’ayant
trouvé se chauffant au feu de sa cuisine, hésitaient
à entrer, fit cette remarque : « Entrez,
il y a des dieux aussi dans la cuisine ».
Eh bien, de même, entrons sans dégoût
dans l’étude de chaque espèce animale :
en chacune, il y a de la nature et de la beauté.
ARISTOTE (1) : il s’agit des
êtres vivants
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Juin
1999 SERIE SCIENTIFIQUE : Liban– Session normale
- Juin 1999
- L’usage de la force par l’Etat est-il
légitime ?
- La philosophie change-t-elle le monde ?
- Vous dégagerez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
« En histoire des sciences, il faut
nécessairement comprendre, mais juger*.
Là est vraie plus qu’ailleurs cette opinion :
« Ce n’est que par la plus grande force
du présent que doit être interprété
le passé ». L’histoire des empires
et des peuples a pour idéal, à juste
titre, le récit objectif des faits ;
elle demande à l’historien de ne pas juger
et si l’historien impose les valeurs de son temps
à la détermination des valeurs des temps
disparus, on l’accuse, avec raison, de suivre le « mythe
du progrès ». Mais voici une différence
évidente : pour la pensée scientifique,
le progrès est démontré, il est
démontrable, sa démonstration est même
un élément pédagogique indispensable
pour le développement de la culture scientifique.
Autrement dit, le progrès est la dynamique
même de la culture scientifique, et c’est cette
dynamique que l’histoire des sciences doit écrire.
Elle doit décrire en jugeant, en valorisant,
en enlevant toute possibilité à un retour
vers des notions erronées. L’histoire des sciences
ne peut insister sur les erreurs du passé qu’à
titre de repoussoir ». BACHELARD *
« il faut nécessairement comprendre,
mais juger », lire : il faut nécessairement
comprendre, mais aussi juger ».
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Juin
1999 -
Tunisie
- Y a-t-il une vérité
en art ?
- L’obéissance à une loi commune
à tous est-elle une servitude ?
- Dégagez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
L’esprit a une structure variable dès
l’instant où la connaissance a une histoire.
En effet, l’histoire humaine peut bien, dans ses passions,
dans ses préjugés, dans tout ce qui
relève des impulsions immédiates, être
un éternel recommencement ; mais il y
a des pensées qui ne recommencent pas ;
ce sont les pensées qui ont été
rectifiées, élargies, complétées.
Elles ne retournent pas à leur aire restreinte
ou chancelante. Or l’esprit scientifique est essentiellement
une rectification du savoir, un élargissement
des cadres de la connaissance. Il juge son passé
historique en le condamnant. Sa structure est la conscience
de ses fautes historiques. Scientifiquement, on pense
le vrai comme rectification historique d’une longue
erreur, on pense l’expérience comme rectification
de l’illusion commune et première. BACHELARD
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Septembre
1999 SERIE SCIENTIFIQUE : Métropole
– Session normale - Juin 1999
- A quoi reconnaît-on qu’un événement
est historique ?
- La liberté humaine est-elle limitée
par la nécessité de travailler ?
- Vous dégagerez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
Trop souvent nous nous représentons
encore l’expérience comme destinée à
nous apporter des faits bruts : l’intelligence,
s’emparant de ces faits, les rapprochant les uns des
autres, s’élèverait ainsi à des
lois de plus en plus hautes. Généraliser
serait donc une fonction, observer en serait une autre.
Rien de plus faut que cette conception du travail
de synthèse, rien de plus dangereux pour la
science et pour la philosophie. Elle a conduit à
croire qu’il y avait un intérêt scientifique
à assembler des faits pour rien, pour le plaisir,
à les noter paresseusement et même passivement,
en attendant la venue d’un esprit capable de les dominer
et de les soumettre à des lois. Comme si une
observation scientifique n’était pas toujours
la réponse à une question, précise
ou confuse ! Comme si des observations notées
passivement à la suite les unes des autres
étaient autre chose que des réponses
décousues à des questions posées
au hasard ! Comme si le travail de généralisation
consistait à venir, après coup, trouver
un sens plausible à ce discours incohérent.
BERGSON
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Juin
1999 Espagne
- Peut-on, au nom de la morale, condamner
un artiste pour l’une de ses œuvres ?
- Le conflit des opinions est-il un effet de
l’ignorance ?
- Vous dégagerez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
On introduit souvent une différence
entre ce que l’homme est intérieurement et
ses actes. Cette distinction n’a aucune vérité
dans l’histoire. L’homme s’identifie à la série
de ses actes. On s’imagine que l’intention peut être
excellente même si les actes ne valent rien.
Certes, il peut arriver dans certains cas que l’homme
dissimule ses intentions, mais c’est là une
situation à part. La vérité oblige
à dire que l’extérieur ne saurait se
différencier de l’intérieur. C’est surtout
dans l’histoire qu’il faut écarter les subtilités
concernant des distinctions momentanées. Les
peuples valent ce que valent leurs actes. Et leurs
actes traduisent leurs buts. HEGEL
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Juin
1999 Métropole
- Le malheur donne-t-il le droit d’être
injuste ?
- La force de l’Etat est-elle nécessaire
à la liberté des citoyens ?
- Vous dégagerez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
Dans la vie courante, on a coutume, il est
vrai, de parler de belles couleurs, d’un beau ciel,
d’un beau torrent, et encore de belles fleurs, de
beaux animaux et même de beaux hommes. Nous
ne voulons pas ici nous embarquer dans la question
de savoir dans quelle mesure la qualité de
beauté peut être attribuée légitimement
à de tels objets et si en général
le beau naturel peut être mis en parallèle
avec le beau artistique. Mais il est permis de soutenir
dès maintenant que le beau artistique est plus
élevé que le beau dans la nature. Car
la beauté artistique est la beauté […]
née de l’esprit. Or autant l’esprit et ses
créations sont plus élevés que
la nature et ses manifestations, autant le beau artistique
est lui aussi plus élevé que la beauté
de la nature. Même, abstraction faite du contenu,
une mauvaise idée, comme il nous en passe par
la tête, est plus élevée que n’importe
quel produit naturel ; car en une telle idée
sont présents toujours l’esprit et la liberté.
HEGEL
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Juin
1999 Inde
- La rationalité scientifique
satisfait-elle tous les besoins de la raison ?
- La recherche du bonheur est-elle nécessairement
immorale ?
- Dégagez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
La plupart des inventions humaines sont
sujettes au changement. Elles dépendent de
l’humeur et du caprice, sont à la mode pour
un temps et sombrent ensuite dans l’oubli. On peut
sans doute craindre qu’il faille placer la justice
sur le même plan si l’on accorde qu’elle est
une invention humaine. Mais les deux cas sont largement
différents. L’intérêt sur lequel
la justice se fonde est le plus grand que l’on puisse
imaginer et il s’étend à tous les lieux
et tous les temps ; il n’est pas possible qu’une
autre invention puisse le servir ; c’est un intérêt
évident, qui se révèle dès
la toute première formation de la société :
toutes ces causes font que les règles de justice
sont constantes et immuables, au moins aussi immuables
que la nature humaine. HUME
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Juin
1999 Sportifs
de haut niveau
- L’expérience instruit-elle ?
- Le refus du travail a-t-il un sens ?
- Dégagez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
Le véritable champ du génie
est celui de l’imagination, parce qu’elle est créatrice
et qu’elle se trouve moins que d’autres facultés
sous la contrainte des règles ; ce qui
la rend d’autant plus capable d’originalité.
La démarche mécanique de l’enseignement,
en forçant à toute heure l’élève
à l’imitation, est assurément préjudiciable
à la levée de germe du génie,
en son originalité. Tout art réclame
cependant certaines règles mécaniques
fondamentales, celle de l’adéquation de l’œuvre
à l’idée sous-jacente, c’est-à-dire
la vérité dans la représentation
de l’objet conçu en pensée. Cette exigence
doit être apprise avec la rigueur de l’école,
elle est à la vérité un effet
de l’imitation. Quant à libérer l’imagination
de cette contrainte et à laisser le talent
hors du banal procéder sans règle et
s’exalter jusqu’à contredire la nature, cela
pourrait bien donner une folie originale qui ne serait
tout de même pas exemplaire, et ne pourrait
donc pas non plus être rangée dans le
génie. KANT
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Juin
1999 La Réunion
- Peut-on tout prévoir ?
- Les devoirs sont-ils seulement des contraintes ?
- Vous dégagerez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
« Le monde sensible n’est pas
un objet donné directement de toute éternité
et sans cesse semblable à lui-même, mais
le produit de l’industrie et de l’état de la
société, et cela en ce sens qu’il est
un produit historique, le résultat de l’activité
de toute une série de générations
dont chacune se hissait sur les épaules de
la précédente, perfectionnait son industrie
et son commerce et modifiait son régime social
en fonction de la transformation des besoins.
Les objets de la certitude sensible la plus simple
ne sont eux-mêmes donnés que par le développement
social, l’industrie et les échanges commerciaux.
On sait que le cerisier, comme presque tous les arbres
fruitiers, a été transplanté
sous nos latitudes par le commerce, il y a peu de
siècles seulement, et ce n’est donc que grâce
à cette action d’une société
déterminée à une époque
déterminée qu’il fut donnée à
la certitude sensible ».
MARX
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Juin
1999 Amérique
du Nord
- Peut-on concevoir une société
sans travail ?
- Le rôle de l’historien est-il de juger ?
- Vous dégagerez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
Il faut voir en quoi consiste le mensonge.
Il ne suffit pas de dire quelque chose de faux pour
mentir, si par exemple on croit, ou si on a l’opinion
que ce que l’on dit est vrai. Il y a d’ailleurs une
différence entre croire et avoir une opinion :
parfois, celui qui croit sent qu’il ignore ce qu’il
croit, bien qu’il ne doute en rien de la chose qu’il
sait ignorer, tant il y croit fermement ; celui
qui, en revanche, a une opinion, estime qu’il sait
que ce qu’il ne sait pas.
Or quiconque énonce un fait que, par croyance
ou opinion, il tient pour vrai, même si ce fait
est faux, ne ment pas. Il le doit à la foi
qu’il a en ses paroles, et qui lui fait dire ce qu’il
pense ; il le pense comme il le dit. Bien qu’il
ne mente pas, il n’est pas cependant sans faute, s’il
croit des choses à ne pas croire, ou s’il estime
savoir ce qu’il ignore, quand bien même ce serait
vrai. Il prend en effet l’inconnu pour le connu.
Est donc menteur celui qui pense quelque chose en
son esprit, et qui exprime autre chose dans ses paroles,
ou dans tout autre signe ». SAINT AUGUSTIN
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Juin
1999 Antilles
- Que convient-il d’entendre par « avoir
tout pour être heureux » ?
- Ce que la morale interdit, l’Etat peut-il
le prescrire ?
- Vous dégagerez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
A vrai dire, certains de ces êtres (1)
n’offrent pas un aspect agréable ; mais
la connaissance du plan de la Nature en eux réserve
à ceux qui peuvent saisir les causes, ceux
qui ont le naturel philosophique, des jouissances
inexprimables. En vérité, il serait
déraisonnable et absurde que nous trouvions
du plaisir à contempler les images de ces êtres,
parce que nous y saisissons en même temps le
talent du sculpteur et du peintre, et que, les examinant
en eux-mêmes, dans leur organisation par la
Nature, nous n’éprouvions pas une joie plus
grande encore de cette contemplation, au moins si
nous pouvons saisir l’enchaînement des causes.
Il ne faut donc pas céder à une répugnance
enfantine et nous détourner de l’étude
du moindre de ces animaux. En toutes les parties de
la Nature il y a des merveilles ; on dit qu’Héraclite,
à des visiteurs étrangers qui, l’ayant
trouvé se chauffant au feu de sa cuisine, hésitaient
à entrer, fit cette remarque : « Entrez,
il y a des dieux aussi dans la cuisine ».
Eh bien, de même, entrons sans dégoût
dans l’étude de chaque espèce animale :
en chacune, il a de la nature et de la beauté ».
ARISTOTE (1) :
il s’agit des êtres vivants
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Juin
1999 SERIE SCIENTIFIQUE : Antilles – Session
normale - 1999
- Le développement des sciences
est-il recherche du savoir ou de la puissance ?
- « Vivre l’instant présent » :
est-ce une règle de vie satisfaisante ?
- Vous dégagerez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
Il faut donc qu’une œuvre d’art soit faite,
terminée, et solide. Et cela va jusqu’au détail,
comme on verra, puisque ce qui n’est pas pris dans
la masse ne peut pas orner. C’est pourquoi l’improvisation
sans règles n’est jamais belle ; c’est
l’art de l’orateur qui parvient à fixer un
simple récit dans la masse de son discours.
Disons qu’aucune conception n’est œuvre. Et c’est
l’occasion d’avertir tout artiste qu’il perd son temps
à chercher parmi les simples possibles quel
serait le plus beau ; car aucun possible n’est
beau ; le réel seul est beau. Faites donc
et jugez ensuite. Telle est la première condition
en tout art, comme la parenté des mots artiste
et artisan le fait bien entendre ; mais une réflexion
suivie sur la nature de l’imagination conduit bien
plus sûrement à cette importante idée,
d’après laquelle toute méditation sans
objet réel est nécessairement stérile.
Pense ton œuvre, oui, certes ; mais on ne pense
que ce qui est : fais donc ton œuvre. ALAIN
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Juin 1999
Nouvelle-Calédonie
- Peut-on juger autrui ?
- Dans quelle mesure les énoncés
scientifiques peuvent-ils être considérés
comme des vérités ?
- Dégagez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
Tous ces coureurs se donnent bien de la
peine. Tous ces joueurs de ballon se donnent bien
de la peine. Tous ces boxeurs se donnent bien de la
peine. On lit partout que les hommes cherchent le
plaisir ; mais cela n’est pas évident ;
il semble plutôt qu’ils cherchent la peine et
qu’ils aiment la peine. Le vieux Diogène(1)
disait : « Ce qu’il y a de meilleur
c’est la peine ». On dira là-dessus
qu’ils trouvent tous leur plaisir dans cette peine
qu’ils cherchent ; mais c’est jouer sur les mots ;
c’est bonheur et non plaisir qu’il faudrait dire ;
et ce sont deux choses très différentes,
aussi différentes que l’esclavage et la liberté.
On veut agir, on ne veut pas subir. Tous ces hommes
qui se donnent tant de peine n’aiment sans doute pas
le travail forcé ; personne n’aime le
travail forcé ; personne n’aime les maux
qui tombent ; personne n’aime sentir la nécessité.
Mais aussitôt que je me donner librement de
la peine, me voilà content. ALAIN (1)
Philosophe grec de l’Antiquité
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Juin
1999
Polynésie
- La notion de vie a-t-elle un statut
scientifique ?
- Faut-il chercher en toute chose l’efficacité ?
- Vous dégagerez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
S’écoulant dans le lit assuré
du bon sens, la philosophie naturelle (1)
produit au mieux une rhétorique de vérités
triviales. Lui reproche-t-on l’insignifiance de ce
qu’elle présente, elle assure en réplique
que le sens et le contenu sont présents dans
son cœur et doivent être aussi dans le cœur
des autres ; elle a en effet, à son avis,
prononcé l’ultime parole en parlant de l’innocence
du cœur et de la pureté de la conscience morale,
à quoi on ne peut rien objecter, et au-delà
de quoi on ne peut rien demander. Cependant, ce qu’il
fallait faire c’était ne pas laisser le meilleur
au fond du cœur, mais le tirer du puits pour l’exposer
à la lumière du jour. […]. Puisque le
sens commun fait appel au sentiment, son oracle intérieur,
il rompt tout contact avec qui n’est pas de son avis,
il est ainsi contraint d’expliquer qu’il n’a rien
d’autre à dire à celui qui ne trouve
pas et ne sent pas en soi-même la même
vérité ; en d’autres termes, il
foule aux pieds la racine de l’humanité, car
la nature de l’humanité, c’est de tendre à
l’accord mutuel ; son existence est seulement
dans la communauté instituée des consciences.
HEGEL (1)
« philosophie naturelle » :
façon de penser du sens commun
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Juin
1999 Polynésie
- Le bien s’impose-t-il à nous
de la même manière que le vrai ?
- Travailler est-ce seulement produire ?
- Vous dégagerez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :La
persuasion commune du vulgaire semble être différente.
La plupart en effet semblent croire qu’ils sont libres
dans la mesure où il leur est permis d’obéir
à l’appétit sensuel et qu’ils renoncent
à leurs droits dans la mesure où ils
sont astreins à vivre suivant les prescriptions
de la loi divine. La moralité donc et la religion,
et absolument parlant tout ce qui se rapporte à
la force d’âme, ils croient que ce sont des
fardeaux dont ils espèrent être déchargés
après la mort pour recevoir le prix de la servitude,
c’est-à-dire de la moralité et de la
religion, et ce n’est pas seulement cet espoir, c’est
aussi et principalement la crainte d’être punis
d’affreux supplices après la mort qui les induit
à vivre suivant les prescriptions de la loi
divine autant que leur petitesse et leur impuissance
intérieure le permettent. Et, si les hommes
n’avaient pas cet espoir et cette crainte, s’ils croyaient
au contraire que les âmes périssent avec
le corps et que les malheureux, épuisés
par le fardeau de la moralité, n’ont devant
eux aucune vie à venir, ils reviendraient à
leur complexion(1) et voudraient tout gouverner
suivant leur appétit sensuel et obéir
à la fortune plutôt qu’à eux-mêmes.
Ce qui ne me paraît pas moins absurde que si
quelqu’un, parce qu’il ne croit pas pouvoir nourrir
son corps de bons aliments dans l’éternité,
aimait mieux se saturer de poisons et de substances
mortifères, ou parce qu’on croit que l’âme
n’est pas éternelle ou immortelle, on aimait
mieux être dément et vivre sans raison ;
absurdités telles qu’elles méritent
à peine d’être relevées. SPINOZA
(1) naturel
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Juin
1999 Centres
étrangers
- La vérité peut-elle
laisser indifférente ?
- Le beau peut-il ne pas plaire ?
- Vous dégagerez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
On demande comment un homme peut être
libre, et forcé de se conformer à des
volontés qui ne sont pas les siennes. Comment
les opposants sont-ils libres et soumis à des
lois auxquelles ils n’ont pas consenti ? Je réponds
que la question est mal posée. Le citoyen consent
à toutes les lois, même à celles
qu’on passe malgré lui, et même à
celles qui le punissent quand il ose en violer quelqu’une.
La volonté constante de tous les membres de
l’Etat est la volonté générale :
c’est par elle qu’ils sont citoyens et libres. Quand
on propose une loi dans l’assemblée du peuple,
ce qu’on leur demande n’est pas précisément
s’ils approuvent la proposition ou s’ils la rejettent,
mais si elle est conforme ou non à la volonté
générale qui est la leur ; chacun
en donnant son suffrage dit son avis là-dessus,
et du calcul des voix se tire la déclaration
de la volonté générale. Quand
donc l’avis contraire au mien l’emporte, cela ne prouve
autre chose sinon que je m’était trompé,
et que ce que j’estimais être la volonté
générale ne l’était pas. Si mon
avis particulier l’eût emporté, j’aurais
fait autre chose que ce que j’avais voulu, c’est alors
que je n’aurais pas été libre.
ROUSSEAU
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Juin
1999 Japon
- Promettre, est-ce renoncer à sa liberté ?
- Qu’est-ce que penser avec rigueur ?
- Dégagez l'intérêt
philosophique du texte suivant en procédant
à son étude ordonnée :
« Tous ces particuliers mercenaires,
que le peuple appelle sophistes et regarde comme ses
rivaux, n’enseignent pas d’autres maximes que celles
que le peuple lui-même professe dans ses assemblées,
et c’est là ce qu’ils appellent sagesse. On
dirait un homme qui, après avoir observé
les mouvements instinctifs et les appétits
d’un animal grand et robuste, par où il faut
l’approcher et par où le toucher, quand et
pourquoi il s’irrite ou s’apaise, quels cris il a
coutume de pousser en chaque occasion, et quel ton
de voix l’adoucit ou l’effarouche, après avoir
appris tout cela par une longue expérience,
l’appellerait sagesse, et l’ayant systématisé
en une sorte d’art, se mettrait à l’enseigner,
bien qu’il ne sache vraiment ce qui, de ces habitudes
et de ces appétits, est beau ou laid, bon ou
mauvais, juste ou injuste ; se conformant dans
l’emploi de ces termes aux insti | | | |