Les connaître pour bien choisir
Depuis la crise pétrolière des années 70, isoler
est devenu la préoccupation de tous les constructeurs et
rénovateurs. Toute nouvelle construction doit d’ailleurs
respecter des critères d’isolation thermique et acoustique,
variables selon les régions. Bon nombre de produits isolants
ont fleuri sur le marché. Que choisir? Il n’y a pas que "lambda"
qui compte! Jusqu’il y a peu, les techniciens de l’isolation n’accordaient
de l’importance qu’à la valeur du coefficient de conductivité
thermique (lambda), c’est-à-dire aux seules performances
isolantes du matériau. La réflexion se limitait à
calculer l’épaisseur raisonnable d’isolant à placer
dans les parois de l’habitation. Des critères aussi importants
tels que l’environnement (matières premières renouvelables,
contribution à l’effet de serre, consommation d’énergie,
traitement des déchets,…), et la santé (allergies,
troubles respiratoires, cancers, ...) étaient souvent relégués
au second plan, voire tout à fait ignorés.
Les isolants organiques
Fabriqués à partir de pétrole, les isolants
organiques, tels les mousses de polyuréthane et le polystyrène,
sont gazéifiés à l’aide de CFC ou de substituts,
jusqu’à obtention d’une mousse rigide. Nul besoin de rappeler
que les CFC sont l’une des causes principales de la dégradation
de la couche d’ozone. Ces matériaux isolants nécessitent
un processus de transformation complexe requérant beaucoup
d’énergie. Ils sont donc à éviter. Les mousses
polyuréthanes dégagent du formol, un gaz qui provoque
des irritations des yeux, de la gorge et de la peau. Les panneaux
de polystyrène renferment du benzène, substance cancérigène.
En cas d’incendie, ce matériau rejette du styrène,
du benzène et du phénol et des produits particulièrement
toxiques. Les isolants inorganiques
Les isolants inorganiques
sont des matériaux fibreux tels les laines minérales,
ou non fibreux tel le verre cellulaire. Ces isolants sont issus
de matières premières présentes en quantité
quasi illimitée dans la nature (sable, roches volcaniques)
Ils sont donc plus respectueux de l’environnement. Leurs principales
émissions polluantes ont lieu lors du procédé
de fabrication. La mise en œuvre courante de ces produits implique
qu’une majorité de la population a été, est
ou sera en contact avec des fibres minérales artificielles.
Il est donc indispensable de connaître les effets de ces fibres
sur notre environnement et sur notre santé.
Amiante ou laines minérales: des fibres pour isoler
Les laines minérales artificielles ont hérité
du caractère négatif attaché au vocable "fibre"
puisque l’on sait que l’aspect fibreux est l’un des paramètres
déterminant la toxicité de l’amiante. Des recherches
ont révélé l’importance de la taille des fibres
dans leur pouvoir cancérigène. Si le diamètre
des fibres est inférieur à 3 microns (un micron =
10 -6 mètres, elles sont respirables. Elles ont donc toutes
les chances de pénétrer dans les voies respiratoires.
Si leur longueur est supérieure à 8 microns et leur
diamètre inférieur à 3 microns, elles sont
dangereuses pour la santé. Les fibres d’amiante pénètrent
facilement dans les poumons car elles sont extrêmement fines
et longues. Une fois installées, elles ne sont pas dégradées
par les liquides physiologiques. On dit qu’elles sont biopersistantes.
Les fibres de laine minérale sont environ 10 fois plus grosses
(en moyenne 3 à 8 microns). Elles se cassent perpendiculairement
ce qui, pour un diamètre toujours constant, réduit
leur longueur et diminue la facilité de pénétration
dans les poumons. Leur biopersistance pulmonaire est faible (globalement
quelques semaines pour les fibres minérales, pour plus de
20 ans pour les fibres d’amiante). Plusieurs études épidémiologiques
ont néanmoins montré que la laine de roche est la
cause d’une augmentation importante des cancers de l’appareil respiratoire
chez les travailleurs exposés. Les fibres de verre ont un
diamètre de 6 à 15 microns et sont de ce fait moins
respirables que la laine de roche. L’effet cancérigène
de la laine de verre est donc moins net. Les fibres de plus de 4
microns sont plus agressives pour la peau et les muqueuses. Laine
de roche ou de verre: attention à la mise en œuvre Si le
pouvoir cancérigène des laines minérales est
loin d’atteindre celui de l’amiante, il n’en est pas moins réel
et on prendra donc toutes les mesures nécessaires pour éviter
d’en respirer les fibres: port d’un masque anti-poussières
approprié (masque P2), aération du local, et recouvrement
des surfaces isolées par des panneaux hermétiques.
L’utilisation de lunettes et de gants protecteurs limitera le risque
d’irritation de la peau et des yeux. Dans les pièces isolées
depuis longtemps, on vérifiera le bon état du matériau
d’isolation: un matériau dégradé libère
des fibres dans l’atmosphère.
Les solutions écologiques
De très bons produits commencent à occuper le
marché des isolants. En Belgique, ils font l’objet d’une
demande en forte croissance car leur conception tient compte, non
seulement d’un bon coefficient d’isolation, mais aussi de la santé
et de l’environnement.
La vermiculite est une
roche de type mica utilisée en panneaux pour l’isolation
thermique des toitures et en granulés pour l’isolation thermique
des planchers de grenier. Il est mélangé à
du béton pour la réalisation de chapes isolantes.
La perlite est une roche volcanique siliceuse utilisée en
vrac sous forme de perles pour isoler les combles ou en chape de
béton allégé.
La fibre de coco. En panneaux,
en rouleaux ou en vrac, la fibre de coco est un excellent isolant.
Facilement inflammable, il faut le traiter avec des sels boriques
pour améliorer son comportement au feu.
Le chanvre. Ce matériau
est particulièrement sain. Il assure une bonne protection
thermique et phonique, tout en laissant respirer la maison.
Le verre cellulaire est
un isolant thermique non fibreux. Le moussage du verre ne fait appel
à aucun agent moussant tels les CFC, destructeurs de la couche
d’ozone.
Le liège, extrait
du chêne-liège, est un excellent isolant car 96% de
sa structure est de l’air. On l’utilise pour l’isolation thermique
des murs creux, des planchers et des toitures plates. Inconvénient:
il est cher et la matière première est loin d'être
abondante, il faudrait donc le réserver a des usages bien
limités.
L’Isofloc est un produit
de recyclage à base de papier journal (cellulose). Conçus
pour l’isolation thermique, ses flocons gris moucheté sont
imprégnés de sel de bore qui le rendent difficilement
inflammable et qui le protège contre les insectes et les
champignons. Les panneaux Pan-terre sont composés exclusivement
de cellulose (papier de récupération et paille), sans
aucun liant. Au cours de leur fabrication, ils reçoivent
un traitement contre les moisissures. |