Le syndic de copropriété

 

 

La nomination

La durée du mandat

Statut juridique du syndic

Rôle du syndic

Rémunération du syndic

Responsabilité du syndic

  Quitus au syndic : sa signification

Changement/ révocation de syndic

Tribulation d'un président de CS avec son syndic

 

 

 

Que signifie "donner quitus" au syndic de copropriété ?

La nomination


Le syndic est le représentant légal du syndicat pour l'ensemble des copropriétaires. Il est lié par un contrat de mandat à durée déterminée. Il est nommé par l'Assemblée générale à la majorité absolue des voix. Serait abusive et sans effet une clause du contrat de syndic qui stipulerait que le renouvellement de ce contrat serait automatique.

L'assemblée générale approuve le contrat qui fixe les conditions de rémunération du syndic à la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés. Il doit rendre compte de sa gestion à l'assemblée au moins une fois par an.
L'ensemble des copropriétaires choisit un syndic professionnel ou non professionnel (bénévole) pour lui confier la gestion de l'immeuble.

 

La durée du mandat

La durée des fonctions du syndic ne peut excéder trois années. Ces fonctions sont renouvelables pour une égale durée. En pratique, il est courant de donner au syndic un mandat d'un an renouvelable.

L'inconvénient d'un mandat d'un an renouvelable est le risque d'installer un sentiment de méfiance entre syndic et copropriétaires. L'avantage est la possibilité de se doter d'un autre syndic, sans attendre la fin d'un (long) mandat... De notre point de vue, il vaut mieux savoir "faire passer", auprès du syndic, le principe d'un contrat renouvelable tous les ans...

Dans le cas où le syndic a participé à la construction de l'immeuble, son mandat ne peut excéder un an, et cela pendant une période de dix ans.Cette disposition est applicable également à son conjoint, leurs commettants ou employeurs, leurs préposés, leurs parents ou alliés jusqu'au troisième degré inclus lorsque, directement ou indirectement, à quelque titre que se soit, même par personne interposée, ils ont participé à la construction de l'immeuble.

De plus, le mandat cesse à l'expiration de la durée prévue : même s'il demeure en place et prétend agir en tant que syndic de fait, celui-ci ne dispose plus d'aucun pouvoir et le recours à un administrateur judiciaire peut (à défaut de stipulation du règlement de copropriété) se révéler nécessaire.

Les textes de référence articles 1792 et 2270 du code civil - article 25 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 - article 28 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967

Dans le cas d'un organisme HLM qui met en vente ses logements aux locataires, il exerce la fonction de syndic (sauf s'il y renonce) tant qu'il conserve des lots dans l'immeuble.

 

Statut juridique du syndic

Syndic non professionnel
Le syndic non professionnel ou bénévole peut-être un copropriétaire non rémunéré, mais dont les frais de gestion lui seront remboursés.
Il devra ouvrir un compte bancaire ou postal au nom du syndicat des copropriétaires, s'assurer pour sa propre responsabilité, tenir une comptabilité séparée et assurer l'immeuble.


Syndic professionnel

Il a obligation de :
- posséder une carte professionnelle de "gestion immobilière" délivrée par la préfecture;
- justifier d'une garantie financière suffisante,
- justifier d'une assurance responsabilité civile professionnelle.
Le syndic professionnel est rémunéré pour son activité et perçoit des honoraires.

 



Rôle du syndic

Le syndic doit faire respecter le règlement de copropriété, et faire appliquer les décisions de l'Assemblée générale
Le syndic est le trésorier du syndicat des copropriétaires dont il est le gestionnaire et le comptable.
Il établit le budget prévisionnel, recouvre auprès de chaque copropriétaire les charges de copropriété et règle les fournisseurs.
Il doit faire voter par l'assemblée générale lors de sa première désignation et au moins tous les 3 ans la décision de constituer des provisions spéciales destinées à faire face à des travaux d'entretien des parties communes susceptibles d'être nécessaires dans les 3 années à venir ; - faire voter par l'assemblée générale lors de sa première désignation et au moins tous les 3 ans la décision de ne pas ouvrir de compte bancaire séparé au nom de la copropriété .
Il doit conseiller les copropriétaires (en particulier, les avertir des conséquences des décisions prises en assemblée générale).
Il est l'archiviste et le conservateur de tous les documents relatifs à la copropriété.

Il représente la copropriété dans les actions en justice, après autorisation de l'assemblée, sauf pour les actions en recouvrement de créance du syndicat, les demandes sur requête et les assignations en référé.

 

Rémunération du syndic

Les abus

Principes généraux

Comme nous l'avons vu plus haut, le syndic bénévole n'est pas rétribué, il se fait rembourser les frais qu'il a engagés pour la copropriété.

En ce qui concerne le syndic professionnel :

L'assemblée générale est souveraine pour fixer le montant des honoraires du syndic, dans le cadre de la liberté contractuelle de la rémunération instituée par l'ordonnance du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence. Les syndics sont tenus de fournir à l'assemblée générale un décompte détaillé de leurs honoraires ainsi que la répartition de ceux-ci selon les différents types de rémunération.

Des modèles types de contrat de syndic, largement usités par les syndics professionnels, distinguent entre les honoraires versés pour la gestion courante de l'immeuble et ceux auxquels donnent lieu des prestations particulières. De même, il arrive que des syndics demandent d'une part des frais de gestion en cas de travaux et d'autre part des frais éventuels de suivis techniques.

Un syndic peut percevoir une rémunération a l'occasion de travaux effectués dans une copropriété dans la mesure où cette rémunération a été précisément déterminée soit dans le "contrat de syndic" passé avec le syndicat des copropriétaires, soit par une délibération votée lors de l'assemblée générale de copropriété à la majorité des copropriétaires présents ou représentés.

Le syndicat des copropriétaires, lors de la libre négociation du contrat du syndic, a intérêt à bien faire préciser :
 - que les travaux d'entretien courant non votés lors de l'assemblée générale sont inclus forfaitairement dans les honoraires de gestion courante
- et que seuls les travaux votés en assemblée générale peuvent faire l'objet d'honoraires spécifiques.

Texte de référence  article 29 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967 - arrêté du 2 décembre 1986

Les abus

La prise en charge de la copropriété

Cette prestation fait normalement partie de la gestion courante (voir accord de la CNC signé le 18.02.1997) entre les organisations de professionnels et les organisations représentatives des usagers).

On constate que la prise en charge est souvent facturée en prestation particulière pour un montant forfaitaire fixe (prix par lot principal avec souvent un minimum incompressible) ou à l'aide d'un système mixte. Il est nécessaire d'être vigilant, avant de signer un contrat de syndic, car les modfalités manquent souvent de clarté.

La gestion des parties communes et plus particulièrement les"petits travaux"

L'accord national de la CNC signé le 18.02.1997 entre les organisations de professionnels et les organisations représentatives des usagers prévoit de préciser un seuil au-dessous duquel une rémunération du syndic n'est pas envisageable, lorsqu'il s'agit de travaux de faible importance. L' accord stipule également que ces travaux doivent être précédés d'une procédure minimale de mise en concurrence. Assez peu de contrats de syndics respectent ces prescriptions. Non seulement les seuils relevés varient notablement (entre 900 € et 1 500 €), mais certains contrats ne mentionnent même pas de seuil.

Il est donc nécessaire, là aussi, de se montrer vigilent avant de signer un contrat, tant sur le seuil jusqu'auquel les travaux sont considérés de faible importance, et ne donne pas lieu à rémunération du syndic, mais également à la nécessité d'une mise en concurrence des entrepries.

 

Responsabilité du syndic

Le syndic est responsable des erreurs ou des fautes qu'il aurait commises dans l'exercice de ses fonctions et le syndicat des copropriétaires peut se retourner contre lui pour obtenir des dommages-intérêts à ce titre. Il est assuré spécialement pour ce type de problème Attention, la gestion du syndic ne peut être mise en cause si l'assemblée générale a voté le quitus de gestion

 

Quitus au syndic : sa signification

Lors de l'Assemblée générale annuelle, syndic est tenu de rendre compte de sa gestion. Lors de l'approbation des comptes, le syndic demande de lui donner "quitus", c'est-à-dire d'approuver l'ensemble de sa gestion comptable et administrative. Si le quitus est accordé, il décharge le syndic de toute responsabilité vis à vis de la copropriété. Le quitus couvrira ses faits et actes portés à la connaissance des copropriétaires, durant l'exercice écoulé (le quitus n'a aucun effet en cas de dissimulation de la part du syndic). Le quitus atteste que le syndic a correctement et régulièrement accompli sa mission.
Exception : le quitus ne couvre pas les erreurs matérielles commises par le syndic dans l'établissement du compte des copropriétaires, et il est toujours possible de réclamer le remboursement de sommes indûmement perçues par le syndic.

 

Changement/ révocation de syndic

On rencontre deux cas d'espèce lorsque l'on désire changer de syndic :
- en cours de mandat : c'est la révocation, elle suppose la convocation d'une assemblée générale spécifique
- à l'expiration du mandat : le non renouvellement de celui-ci, se fait lors de l'AG annuelle.

 

 

Démarches communes

Révocation du syndic

Assignation du syndic

 

Démarches communes

Dans les deux cas, le vote est acquis à la majorité des voix de tous les copropriétaires, et il est indispensable que l'ordre du jour de l'AG comporte simultanément le point portant sur la révocation ou le non-renouvellement du syndic, et celui portant sur la nomination d'un nouveau syndic.
En effet, s'il y avait une vacance du poste, plus personne n'aurait compétence, dans la copropriété, pour convoquer l'assemblée qui déciderait du remplacement du syndic.

Dans le cas où le syndic cesserait ses fonctions sans que son remplaçant ait été élu, tout intéressé peut présenter une requête au président du tribunal de grande instance afin qu'il désigne un administrateur provisoire qui sera chargé de convoquer une assemblée en vue de la désignation du syndic. Les fonctions de cet administrateur provisoire cessent de plein droit à compter de l'acceptation de son mandat par le syndic désigné par l'assemblée générale.

 

 

La révocation du syndic

Le syndic est révocable "ad nutum", à tout moment. La révocation d'un syndic en cours de mandat doit être justifiée par un "motif grave et légitime" (totale inertie du syndic, refus d'informer le Conseil syndical, commissions occultes, honoraires sans contrepartie réelle...). Si le syndic estime que les conditions de sa révocation ne sont pas réunies, il peut attaquer la copropriété en justice et demander des dommages- intérêts pour révocation abusive.Une A.G. doit être réunie pour statuer de la révocation, à la majorité absolue de l'article 25. Si le syndic ne veut pas convoquer l'A.G., le Conseil syndical, un ou plusieurs copropriétaires, sont en droit de mettre le syndic en demeure de convoquer l'A.G. avec la question de sa révocation à l'ordre du jour. Si le syndic ne répond pas positivement dans les huit jours suivant réception de la lettre, le Président du Conseil syndical peut convoquer lui- même l'A.G. Un ou plusieurs copropriétaires réunissant au moins 25 % des voix de la copropriété, peuvent également demander la tenue d'une A.G.(art. 8 du décret de 1967). Dans le cas où le président du Conseil syndical n'agirait pas, tout copropriétaire peut mettre en demeure le syndic et le président du Conseil syndical de réunir une A.G.(article 50 du décret de 1967).

 

 

Assignation du syndic

L'article 49 du décret du 17/03/67 stipule que le syndic en fonction peut être assigné par tout intéressé devant le Président du tribunal de grande instance statuant en matière de référé en vue de la désignation d'un administrateur provisoire de la copropriété. L'ordonnance fixe la durée de la mission de l'administrateur provisoire.

Vous trouverez, dans la partie réservée aux adhérents (gratuit) un tableau permettant de comparer les prestations de syndics sélectionnés par la copropriété. D'autre part, la meilleure façon de se donner toutes les chances de trouver le "meilleur syndic possible", est de devenir adhérant à Resoo Copropriétés, de façon à pouvoir contacter les copropriétés inscrites sur un même secteur géographique et de leur demander s'ils sont satisfaits de leur syndic...

 

Textes de référence

articles 18 et 25c de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 - articles 13, 28, 46 et 47 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967 - recommandation n° 15 du 6 juin 1996 de la commission relative à la copropriété

 

Tribulation d'un président de Conseil syndical contre son syndic : page d'accueil -  nullité d'assemblée - jugement du 16 nov.1999 - nouveau syndic - ordonnance du 22 février 1999 -

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